L'édition AUBRY de 1943, illustrée par des dessins de A van OSTADE ( "La danse dans la caverne"), D DUMONSTIER ("Portrait d'homme"), E TROOST ( " Buveurs "), GOYA ("Sorcières") et M. FREMINET ( "Esquisse").





"J'aime Dijon comme l'enfant la nourrice dont il a sucé le lait, comme le poète, la jouvencelle qui a initié son coeur"




















Ce texte paraît être un résumé confus et partial de faits historiques ayant eu lieu entre le 11 janvier 1358, date du discours du dauphin Charles aux parisiens - discours des Halles - et le 2 août 1358, date de son retour dans la capitale. Entre-temps ont été assassinés Jean de Conflans et Robert de Clermont, ses proches conseillers, par Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, et ses complices. Ce forfait commis le 22 février 1358, marquera la rupture des relations avec le dauphin, une conciliation étant toutefois tentée du 26 février au 4 mars 1358 à l'hôtel de Nesle à Paris, entre ledit dauphin et le roi Charles de Navarre. Le dauphin - régent du royaume à compter du 14 mars 1358 - se réfugiera en province. A la demande d'Etienne Marcel, Charles de Navarre sera nommé Capitaine de la Ville de Paris le 15 juin 1358. Profitant de cette nouvelle position, il mènera un triple jeu avec le dauphin et le roi Edouard III d'Angleterre. Chargé de la défense de la ville, il fera appel à des mercenaires de toutes nationalités venus des "Grande Compagnies", dont un nombre important d'anglais. A la suite d'exactions commises à Saint-Cloud, attribuées aux "anglais", la population parisienne se vengera sur le contingent présent intra-muros ( 24 tués, 4 à 500 prisonniers retenus au Louvre ) et exigera une chasse aux pillards. Deux troupes seront ainsi formées. Charles de Navarre et Etienne Marcel prendront la tête d'un groupe qui ne rencontrera aucune difficulté, le second tombera dans une embuscade meurtrière ( envrion 600 morts ). Des soupçons de complicité seront alors portés sur Etienne Marcel, d'autant mieux discrédité qu'il libérera les prisonniers anglais détenus au Louvre. Il sera assassiné le 31 juillet 1358 par l'échevin Jean Maillard, l'un de ses meilleurs soutiens.
La chronique de Louis Bertrand, reprenant pêle-mêle des événements historiques, rend donc compte, par le fond et la forme, de la confusion de l'époque qui voyait s'agiter les prétendants à la couronne de France (Jean le Bon est prisonnier d'Edouard III d'Angleterre). Sa prise de position par rapport à Etienne Marcel, pour partiale qu'elle soit, est conforme à l'opinion de son époque. Il est toutefois vraisemblable qu'il l'aurait soutenu dans sa lutte pour les libertés publiques.